Temoignage d'une enfant dont le papa est gay |
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Au départ, je ne connaissais pas vraiment la
signification du mot « homosexuel ». Mon jeune âge ne me le
permettait pas. Cependant je ne voyais pas en quoi cela pouvait être différent.
Après tout, la seule chose qui m’importait était le bonheur de mon père ! Je prie conscience de la situation lorsque j’ai
rencontré son ami. Cela ne fût pas évident pour nous tous. Ce n’était pas la
première fois que je voyais des hommes s’embrasser, mais c’était la première
fois que je voyais mon père le faire ! Au début je ressentis une certaine
gêne, voir du dégoût. Discuter de cette nouvelle situation ne fut pas facile. Comment trouver les mots justes
pour expliquer ce qui se produisait ? Cela nous a demandé à chacun du
temps et de la réflexion. Cependant, il y avait fort longtemps que je n’avais pu
observer cette lueur dans ces yeux. Cette joie de vivre dont un enfant à besoin
pour se sentir bien. Et puis si on réfléchit, rien de ce que je n’ai vu n’était
si différent d’un autre couple ! Le silence laissa finalement place aux
mots et nos esprits furent apaisés. Contrairement à ce que vous pourriez croire
l’homosexualité de mon père ne fut à aucun moment un poids dans ma vie !
Autour de moi, que ce soit à l’école ou à l’extérieur je n’en faisais pas un
secret. |
Je dois vous avouer que je n’ai jamais comprit
pourquoi ? En réalité les seules personnes que cela embarrassaient,
c’était eux !
Je pense qu’il est faux de croire qu’un enfant ne peut évoluer correctement auprès
d’un parent homosexuel. Un bambin ne souffre pas de cette situation, c’est la
façon dont réagissent les personnes
extérieures qui lui font du mal ! Bien évidemment dire cela ne pourra pas
changer tous les esprits et cela n’est pas le but.
Mon père a fait de nombreuses erreurs, comme tous.
Mais il ma également apporté de l’amour, de la tendresse et de la protection. Aujourd’hui
je suis fier de lui, non pas pour toutes ses méprises mais pour ce qu’il a su
me donner. Tout ce qui m’importe c’est qu’il soit près de moi et qu’il réponde
à mes appels. Si cela il doit le faire au côté d’un homme, alors je l’accepte
ainsi.
Je peux vous dire qu’en cet instant je suis une jeune
fille épanouie. Je construis ma vie tout en la partageant avec ceux que j’aime.
Non pas contre mon père mais avec lui !
Marion / 18 ans |
Temoignage d'une maman dont le fils est gay |
Un jour que j’étais allée voir mon fils chez
lui, nous partîmes en voiture et au bout d’un petit moment, il me dit
« tu sais maman il faut que je te dise quelque chose : je suis
homosexuel » Je n’ai pas bronché, m’attendais-je à cet aveu ? Tout ce que
je sais c’est que la seule chose qui m’est venue à l’esprit était que je
l’aimais et que rien d’autre n’avait d’importance. Il m’avait fait confiance en
me le disant et j’étais la première de la famille à l’apprendre. Ai-je bien
réalisé sur le moment, je ne crois pas. Son ami est arrivé et j’avais l’esprit
très tolérant mais je me sentais un peu rejetée, autant j’aurais pu discuter
avec une jeune fille qu’avec un jeune homme cela m’était un peu difficile, pourtant
j’ai fait en sorte que cela ne se voit pas. Toutefois lorsque le soir ils
eurent des gestes tendres l’un envers l’autre sur le canapé devant la télé, je
suis montée me coucher. C’était moi qui étais gênée. Je dois avouer
qu’après quelques temps je suis devenue proche de ce jeune homme qui m’a ouvert
les yeux sur le monde gay beaucoup plus que mon fils, il m’a expliqué. Je crois
que mon fils ne supportait pas bien sa situation de gay, il voulait se punir de
l’être, ne l’acceptait pas, c’est ainsi qu’il s’est séparé de beaucoup de
monde, il m’avait mise au courant c’était déjà bien et cela le soulageait.
Lorsque je me suis retrouvée chez moi, je me suis
retrouvée face à face à la situation les questions ont commencé à se poser,
qu’avais-je ou que n’avais-je pas fait ? Pourquoi ? Je pense qu’en
tant que mère on se culpabilise beaucoup. J’avais imaginé une belle-fille, des
petits enfants à gâter, tout s’écroulait.
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Etant seule au courant, je ne pouvais
me confier. J’ai beaucoup pleuré, cauchemardé, de plus je venais de tourner la
page sur un mariage de presque 30 ans. J’ai ouvert mes armoires, sorti tout le
linge que j’avais acheté pour ma belle-fille, deux ou trois bagues, bracelets
et autres petits bijoux gardés soigneusement et ai tout donné. Cette fois c’était
moi qui me punissais de n’avoir pas su ressentir les choses, montrer de
l’égoïsme, en fait je pleurais sur mon sort et cela je ne pouvais le supporter.
Le principal était d’aimer mon fils et là jamais de
doute il était ma vie et j’étais prête à tout pour lui et je lui faisais
confiance. Pourtant j’avais peur pour lui, son ami m’avait dit,
« nous ne sommes pas comme vous, nos pratiques sexuelles sont différentes,
nous sommes fidèles par le cœur et non par le sexe » et dès qu’il était
malade mon cœur sautait. J’ai bien cru à un moment…. Et je ne suis pas
certaine qu’il m’aurait dit la vérité.
Je pense que mon fils ne me disait rien, non pas pour
me le cacher mais pour me protéger, et ce que j’ai pris pour un manque de
confiance de sa part était certainement une défense pour moi.
Dernièrement j’ai eu peur avec le fichier Edwige mais
je crois que cela va s’arranger. En tout cas ce que je peux clamer est que le
principal c’est le Bonheur de mon fils. Et je sais que son chemin sera toujours
jonché d’embuches bien que la société semble accepter l’homosexualité,
l’homophobie est toujours là au détour de n’importe quel chemin.
Michelle / 61 ans |
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