MENDE : Edition Midi Libre du 2 octobre 2008

Justice

Des comportements homophobes en Lozère

RAPPEL
Un individu a dû récemment répondre de discrimination à la barre du tribunal Les faits ont couru sur deux années. À plusieurs reprises, des membres de la communauté homosexuelle ont été violemment pris à partis sur une aire de repos où ils se retrouvent le soir venu, à la sortie de Mende. « Nous avons été alertés pour des injures à caractère homophobe, menaces, actes d'intimidations jets de bâton et course poursuite », précise l'Association lozérienne gay et lesbienne (ALGL), Une association qui alerte alors le procureur de la République. « Nous sommes le seul point d'attache officiel et affichée de la vie gay, précise le président Sylvain Bourgade. On centralise les réactions des gens qui s'assument, mais aussi de ceux qui ne s'assument pas. » Et si de nombreuses personnes ont été victimes d'actes de malveillance, rares sont ceux qui ont osé aller déposer une plainte auprès des forces de l'ordre

Aire de Balsiège - Photo Midi Libre

Sollicités par l'ALGL, les gendarmes ont multiplié les patrouilles aux abords de l'aire de repos. Sans jamais réussir à prendre les contrevenants en flagrant délit. Mais après plusieurs mois d'enquête et grâce à plusieurs témoignages, plusieurs véhicules sont identifiés. Un jeune homme de 21 ans est alors convoqué à la gendarmerie, où il reconnaît les faits. Le 18 septembre dernier, il devait en répondre à la barre du tribunal.


L'ALGL, qui s'est portée partie civile dans cette affaire, a demandé un euro de dommages et intérêts. Le procureur de la République a requis quatre mois de suspension du permis de conduire. La décision sera rendue le 9 octobre prochain. Le parquet a d'ailleurs saisi l'occasion pour rappeler aussi la récente création d'un pôle anti-discriminions dans le département, conformément aux directives de la garde des Sceaux.


« Il était hors de question de laisser passer ces agissements car ils ont duré dans le temps, indique Sylvain Bourgade. Pour autant, nous ne voulions pas aller jusqu'au bout sur les faits de discrimination et mise en danger de la vie d'autrui. Cela aurait pu renforcer une espèce de haine que nourrissent ces personnes. » Ignorance ou véritable homophobie ? À la barre, le prévenu n'a pas su donner une justification à ses actes. « Notre démarche était surtout pédagogique : il faut que ce petit noyau de personnes comprenne que vivre en société, cela veut dire respecter tout le monde, poursuit de son côté le président de l'ALGL. En espérant que les poursuites contre ce jeune homme fassent tâche d'huile et touchent les autres... » Est-ce que cela fonctionnera ? Pas sûr : la semaine dernière, l'association a été alertée sur de nouveaux actes malveillants.

M. La.

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