Xavier Darcos - Ministre de l'Education Nationale |
Liberation - 25 juin 2008
XAVIER DARCOS s'engage contre l'homophobie
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| Pourquoi la
lutte contre l’homophobie est si importante ?
La question de l’homophobie intéresse toute la société, et spécifiquement les
lieux de culture et de savoir. J’ai donc souhaité que l’école ne la méconnaisse
pas. Et que tout élève qui pourrait subir des vexations, voire des violences,
liées à son orientation sexuelle soit protégé. D’abord il fallait que nous
sachions ce qu’il en était. Des associations et des lycéens nous alertaient.
Dans notre logiciel Civis qui recense les violences de toutes natures, nous
avons introduit les actes liés à l’homophobie. Les chiffres restent modestes.
De septembre à novembre 2007, les violences à caractère homophobe ont
représenté 0,6 % du total, et de décembre à février 2008, 0,3 %. Mais il s’agit
de signalements, non de | |
Quelles actions lancez-vous ? D’abord, pour être certain que nos personnels se sentent concernés, j’ai
décidé pour la première fois de mentionner explicitement dans la circulaire de
rentrée 2008 la lutte contre l’homophobie. C’est un pas décisif qui va engager
toute la maison, même si le milieu éducatif est déjà très vigilant.
Concrètement, j’ai décidé de rendre systématique à la rentrée l’affichage de La Ligne Azur
[pour ceux qui se posent des questions sur leur identité sexuelle, ndlr] dans
les lycées, ce qui permettra aux adolescents, victimes de violences homophobes
ou soucieux de s’informer, de trouver des interlocuteurs formés. La brochure
«Homophobie savoir et réagir» (jusqu’ici distribuée dans les rectorats) sera en
outre disponible dans tous les établissements - dans les centres d’information
et documentation, les infirmeries, les salles des profs. | |
Pourquoi exclure les collèges ? Les collégiens ont de 11 ans à 14-15 ans, ce sont des enfants et des adolescents.
Il faut être plus prudent, car il n’y a pas d’homogénéité. Au collège nous
préférons donc une approche explicative. Il y a des cours liés à l’éducation à
la sexualité, des associations interviennent pour sensibiliser les élèves. Mais
il faut surtout que les jeunes trouvent des contacts personnels pour parler de
questions relevant de l’intime. Pour cela, nous préparons des modules de
formation spécifiques pour que nos infirmières scolaires puissent assumer cet
accueil. | |